On me dira que je n'y voyais pas. Mais si! J'avais parfaitement vu tous mes obstacles, je ne les avais jamais tant vus, je les avais presque trop vus, à cette lumière aveuglante comme s'ils n'avaient jamais encore été là ; comme s'ils venaient d'être crées ; comme s'ils venaient de se créer eux-mêmes! (Malgré leurs taches, leurs usures et, il faut l'avouer, leur poussière.) (...) Je ne m'étais pas contenté de leur aspect : c'était leur inspect que je tenais. (Est-ce qu'on peut dire inspect?) Je m'en étais imprégné. Je les avais digérés. (Comme une dame fixe un diamant à la devanture du bijoutier, et puis, pour le posséder un instant, ferme les yeux.) J’y avais cru. »













- Jean Paulhan. La peinture Cubiste, dans petite aventure en pleine nuit.Paris,le cercle du livre précieux, 1970